09/08/2015 - Semaine de survie de l'été 2015

Salut, voici mon petit compte-rendu de cette semaine de survie.
C’est parti. Quelques mois que nous préparons cette semaine de survie. Un dernier check mental: “pompe katadyn, hamac, canne à pêche, couteaux, réchaud à gaz”, je me rend à l’évidence, impossible de me remémorer la très longue check-list. Advienne que pourra, je fais confiance à mon “moi passé”.
Un ami (merci Fabien) nous dépose non loin de Aiguèze, au bout des gorges de l’Ardèche, que nous comptons remonter sur environ 30km à pieds.

Jour 1

Le soleil est au beau fixe, ça tape dur. Nous sortons les lunettes, la crème solaire, le chapeau et la carte IGN. Le GR4 nous attend. Au bout de quelques dizaines de minutes de marche je voit Nico serrer très fortement la ceinture abdominale de son sac à dos. Après en avoir discuté, j'essaie moi aussi. Il se trouve que la ceinture, sert à “poser” le sac sur le bassin du marcheur et non à maintenir le sac pendant la marche. Ça permet de soulager allègrement les épaules des 16kgs de matos. Génial!

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Le sac

Au bout de 3h30 de marche nous devons nous rendre à l'évidence, l’eau va très vite nous manquer. Nous n’avons pris que 3L pour la journée (à cause du poids) et nous devons descendre au plus vite du plateau de Laval jusque dans le fond des gorges afin de nous ravitailler. Direction le cirque et les rapides (homonymes) de la madeleine.

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photo non chargée

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Oui on à rasé un peu les têtes pour rigoler


1h30 de descente, dans des chemins pas faciles mais on arrive enfin en bas et nous allons pouvoir tester la pompe filtrante, qui permet de transformer à la force du biceps, de l’eau non potable en boisson salvatrice. Les paysages sont magnifiques, les kayaks et autres canoës défilent.
Quelques jours suivants nous estimerons leur nombre à environ 2000 par jour.

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Shadok de shadok


Mais la fatigue se fait sentir et après “seulement” 8km de marche nous ne nous sentons plus d’attaque pour remonter sur le plateau et continuer notre périple jusqu’au lieu final de notre campement. Pas grave, nous décidons de bivouaquer pour la nuit et nous mettons à la recherche d’un coin favorable.

Le fond des gorges est très escarpé et nous nous félicitons d’avoir préfère le hamac à la tente. Nous nous installons dans une forte pente, laissons nos affaires bien cachées et partons nous baigner.
Sur l’autre rive il y a un bivouac permanent et réservé … aux nudistes. Ils se baignent dans les rapides, il n’y a plus de kayak depuis une demi heure (les derniers passent vers 17h30) et je me permet donc une baignade habillé uniquement de crème solaire. C’est marrant de se baigner tout nu.
On joue dans les rapides, pendant environ 1h, la dépense énergétique est faramineuse depuis ce matin. Nico me le fait remarquer.
On décide de rentrer au camp pour récupérer les cannes à pêche et chasser notre dîner. 25mn de marche pour trouver un coin ou personne ne nous verra, en effet, la pèche sans licence est très très interdite dans les gorges. Le bivouac également. A la tombée de la nuit nous rentrons au camp, fatigués, à la lumière des lampes frontales et bredouilles. Nous nous coucherons l'estomac vide.


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Dormir dans un hamac, pour peu que l’on sache comment se placer, c’est super confortable (si il est monté de niveau, ce qui n’était évidement pas le cas) Mais après notre longue marche j’ai super mal aux pattes et je passe une mauvaise nuit ponctuée de bruits en tous genres tels que sangliers qui s'intéressent à nos sacs à dos et insectes noctamburnes.

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On se réveille assez tôt pour aller pêcher avant que les kayak n’arrivent, frais comme … des gardons.

Jour 2

Victoire! Nico choppe un magnifique gardon de 20 cm de long. Je le laisse le vider et je m'occupe de la cuisson. Je décide de l’enrouler dans du papier alu et de le poser dans 1cm d’eau au fond de la gamelle. La chaire est blanche, remplie d'arêtes minuscule. Le goût est un concentré du goût et de l’odeur de la rivière. Vraiment pas terrible. Nous démontons notre camp, l'estomac repli d’une gélule vitaminés et de 50g de poisson infect.

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Décision est prise de ne plus remonter sur le plateau et de trouver un coin adéquat pour monter un camp, c’est à dire facilement accessible avec de grands arbres pour pouvoir monter les hamacs en hauteur pas trop loin de l’eau pour la pêche et loin du camp naturiste.


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On fini par trouver un coin potentiellement sympa mais il est recouvert de ronces sur 2m de haut, elles montent dans les arbres et pendant en rideaux. On se met au débroussaillage. Je monte mon hamac à plusieurs mètres de haut, avec cordes et baudrier, Nico, fatigué se contente de le monter à 2m du sol. Je suis éreinté, grimper à 6m de haut sur une corde nue s'avère très fatiguant, même avec un poignée d'ascension.

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Une fois le camp prêt nous nous octroyons une petite sieste salvatrice. Il est 16H30, on va se baigner, je joue un peu à escalader la falaise et dépenser nos dernière calories.

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Je suis en bas, au niveau de l'eau en tout petit


Vers 18h on se remet à la pêche, il commence à faire faim. Ce soir j’ai de la chance, je pêche 4 gardons. Deux de taille respectable -environ 25cm- et deux petits d’une quinzaine de centimètres. Je les vide au bord de l’eau. Je ne l’avait jamais fait, et je remarque que vider un poisson est plutôt facile, il suffit de couper la tête, d’ouvrir le ventre et d’enlever tout l'intérieur, ça vient tous seul. Le plus dur c’est d’écailler. J’ai utilisé deux cailloux, serrés dans ma main, la queue du poisson entre les deux. Ensuite il faut racler la peau avec un couteau pour enlever toutes les écailles.

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On rentre et c’est parti pour la cuisine. On cuit et mange le fruit de notre pêche sans grand enthousiasme. C’est poÔo bon…

Nous nous couchons épuisés et je grimpe dans mon hamac pour la dernière fois aujourd’hui. Lignes de vie, baudrier, poulie auto-bloquante et systèmes d’assurage, tout à l’air ok. Une bonne nuit s’annonce.

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Il fait déjà chaud, on se lève tard, avec une flemme pas possible. On à pas envie d’aller pêcher, on est trop biens dans nos hamacs. Un sanglier est passé nous dire coucou mais il n’a pas pu grimper aux arbres.

Jour 3

On a quasiment rien mangé depuis plus de plus de 50h. En fait je ne suis pas si affamé que je le pensait. Je ne pense pas à la nourriture H24, je n’ai pas mal au ventre, je préfère ne rien manger que de manger du gardon. Ce matin on ne pêche pas.

La fatigue est à peu près identique à la fatigue que l’on ressent quand on à la grippe. C’est pas la même qu’après une grosse journée de vélo. La notre s’apparente plus à une énorme flemme.
L’objectif d’aujourd’hui c’est de trouver tu thym et du romarin pour assaisonner ces foutus gardons. 2h de marche et on revient lessivés, du thym dans les poches. Ce soir ce sera un festin.
L’après midi, on fait une petite lessive, et on glandouille avec conviction en attendant que ça sèche On refait une grosse sieste jusqu'à 18h. Hop, c’est l’heure de la pêche.

Le problème c’est que ce soir il y a du vent, du coup les gardons on désertés notre rive. Après 1h30 de pêche au bouchon sans qu’aucun poisson ne morde on décide de tenter la cuillère, et la péche au carnassier. Ultimatum: si on ne ramène rien on devra partir demain. Si on prend un brochet on reste au minimum deux jours de plus. Parce que vu notre état de fatigue nous ne somment pas sûr de pouvoir remonter le dénivelé jusqu’au plateau des gorges. 1h30 plus tard je choppe un poisson chat avec mon leurre.


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Je le relâche, déjà que le gardon est infâme, je n’ose imaginer le goût de ce poisson de vase, couvert d’épines. Pas loin du camp il y a des baies, elles nous donnent envie mais à coup sur aussi une bonne colique. Certainement des coli-baies. Décision est prise, ce sera notre dernière nuit ici.

On passe une bonne nuit et on ne se lève pas trop tard. Nous somment si fatigués que même pomper de l’eau pour remplir nos gourdes et autres sacs à eau est un calvaire.
C’est reparti.

Jour 3

On démonte le campement, tant bien que mal, puisque je suis obligé d’abandonner au moins 8m de corde dans les arbres. Impossible de la récupérer, l’arbre étant inaccessible en raison du monceau de ronces installé en dessous et d’une branche coupée trop courte qui ne me permet plus d’y lancer une corde depuis le sol. Pas grave, ça fera toujours ça de poids en moins.

Nous avions prévus deux boites de maïs pour appâter les poissons, et n’en ayant utilisé qu’une seule nous prenons grand plaisir à déguster l’autre. Un peu de sucre avant la marche qui nous attend ne peut pas nous faire de mal.

Nous avalons le dénivelé à grandes enjambées, il faut croire que l’idée de quitter notre petit coin de “paradis” ne nous est plus du tout désagréable. En 2h seulement nous somment au sommet.

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Dernières photos des gorges


De nouveau deux heure de marche en plein cagnard et nous somment de retour à Aiguèze.

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Nous nous arrêtons au premier restaurant que nous croisons. La nourriture n’a jamais eu si bon goût, mais il va falloir faire doucement pour relancer la digestion.
Le ventre plein nous repartons pour St Martin d’Ardèche, à moins d’un kilomètre de là. Quelques courses, ravitaillement en eau et c’est reparti à la recherche d’un bivouac.
Un coin sympa nous attend, au bord de l’eau à environ 1,5 km du village.

L’idée étant de construire une embarcation pour descendre sur l’eau l’Archèche et le Rhone jusqu'à chez moi nous nous mettons au travail. Nous avons de la chance, le bambou nous offre une matière première de qualité. Nouer ensemble les traverses et les montants de la coque s'avère long et fastidieux.
Mais le travail avance.

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Le soir nous rattrape et nous décidons de monter les hamacs. Le couché de soleil est magnifique.

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Il est temps de griller les saucisse achetées plus tôt. Nous faisons un petit feu sur la plage et apprécions pleinement pour la première fois ces vacances. Trois saucisses et une baguette de pain plus tard nous somment rassasiés. Nos estomacs ont dû rétrécir.
Nous nous couchons fatigués mais le ventre plein.


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Il faut finir l’embarcation et le soleil tape déjà.

Jour 4

Elle n’a pas fière allure notre barque, mais elle flottera j’en suis sûr.

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Au bout de 2h de nouage de ficelle je fait le premier test. Et ça flotte! Le problème c’est que notre embarcation à tendance à se remplir d’eau dès qu’on y met deux ânes bâtés de 70kgs et 35kgs de matériel. Ce sera pour une autre fois. La conception est bonne, mais la réalisation laisse à désirer, dommage ça aurait pu marcher.

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Il ne nous reste plus qu’a rentrer en stop. La première gare routière est à 10kms de notre position, nous tendons donc nos pouces à l’attention des conducteurs de toute nationalité. Malheureusement je me suis fourré le doigt dans l’oeil en croyant l’altruisme rependu et personne ne ralenti. Nous nous farcissons donc nos 10km à pieds et prenons le bus salvateur qui nous ramènera chez nous.

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Voila qui clos cette petite aventure. Nous étions partis pour 7 jours de survie. Nous avons été obligés de réduire considérablement notre séjour en raison de la fatigue engendrée par l’absence d’apport calorique. Survivre c’est pas si facile qu’on ne le croyait. Le fait de ne pas manger ne nous rend pas vraiment plus faibles, mais nous enlève toute envie de pêcher, de poser des collets, ou de faire toute activité autre que la sieste.
La faim rend fainéant et flemmard et nous avons du prendre la décision de rentrer avant de ne plus être capables de le faire.
Il n'empêche que cette aventure nous à beaucoup appris, sur nous même, notre force physique ou notre endurance qui ne servent plus à rien en situation de manque de nutrition ou notre chargement bien trop important. Et après ce test, très enrichissant, nous savons déjà que la prochaine aventure sera très probablement en autonomie complète, mais certainement pas sans nourriture.


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Photos de mon Hamac (sans le tarp)





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